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Le CL-89 est , l’œil volant de l’artillerie
Au musée de l’Artillerie de Draguignan, un petit engin en forme de missile rappelle les débuts des drones dans l’armée française, bien avant l’ère des écrans et des liaisons satellites
Aujourd’hui, le mot « drone » évoque des appareils pilotés à distance, des images en direct et des opérations suivies depuis des écrans. Pourtant, dès le début des années 1980, l’armée de Terre française mettait déjà en œuvre un drone de reconnaissance. Il s’appelait CL-89 et ne ressemblait ni à un quadricoptère ni à un petit avion : avec son corps fuselé, ses ailettes et sa fusée d’appoint, il avait plutôt l’allure d’un missile.
Un exemplaire est présenté au musée de l’Artillerie de Draguignan, dans le Var. Le cartel qui l’accompagne le désigne sous le nom de « drone rapide 1981 », et résume en quelques lignes ce qui faisait l’originalité de cet appareil.
Un projet international
Le CL-89 est né d’un programme lancé en 1963 par le Canada et le Royaume-Uni, confié au constructeur canadien Canadair. L’Allemagne de l’Ouest rejoint ensuite le projet. Le développement est difficile : le premier vol, en 1964 dans l’Arizona, n’est pas très concluant, et le programme manque d’être abandonné. Le premier système complet est finalement livré à l’Allemagne en 1969. La France et l’Italie s’y associent dans les années 1970.
Dans l’OTAN, le système porte la désignation AN/USD-501. Les Britanniques le surnomment « Midge », c’est-à-dire le moucheron.
Une mission : photographier derrière les lignes
Le rôle du CL-89 est la reconnaissance photographique à courte portée. Pour l’artillerie, il s’agit de voir au-delà de la ligne de front : repérer des positions ennemies, et en particulier des batteries d’artillerie, pour pouvoir ensuite les prendre pour cible.
Son point le plus étonnant, souligné par le cartel du musée, est qu’il vole sans aucune intervention extérieure. Tout le vol est programmé à l’avance, du lancement jusqu’au début de la récupération. Il n’y a donc pas de liaison radio à brouiller ni de pilote à distance : le drone est insensible aux contre-mesures électroniques. En contrepartie, on ne peut pas modifier sa mission une fois qu’il est parti.
Les images ne sont pas transmises en direct. Le drone emporte des caméras à film photographique, noir et blanc de jour avec des fusées éclairantes pour la nuit, et souvent un capteur infrarouge à balayage pour les missions nocturnes. Le film n’est exploité qu’après le retour de l’appareil.
Lancé comme une fusée, récupéré en parachute
Le CL-89 décolle d’une rampe montée sur camion. Une fusée d’appoint lui donne l’élan nécessaire, puis se détache une fois la vitesse de vol atteinte. Le drone poursuit alors sa route grâce à un petit turboréacteur Williams. Il file à environ 740 km/h, à basse altitude : quelques centaines de mètres selon le cartel.
Au retour, un système embarqué de radio-ralliement le guide automatiquement vers une balise posée au sol. Au point prévu, le moteur s’arrête, un petit parachute freine l’appareil, puis le parachute principal se déploie. Le drone se retourne et des sacs gonflables s’ouvrent pour amortir le contact avec le sol. Il peut ainsi être récupéré, rechargé en film et réutilisé.
Au service de l’armée française
D’après le cartel du musée, le CL-89 est mis en place en 1981 et 1983 dans deux régiments de surveillance et d’acquisition de corps d’armée, avec jusqu’à deux équipes de lancement au sein de la batterie CL 89. Il s’agit donc d’un outil de renseignement au niveau des grandes unités, dans le contexte de la guerre froide, face aux forces du pacte de Varsovie.
Son successeur, le CL-289, plus grand et doté d’une plus grande portée, est développé avec le Canada et l’Allemagne et entre en service en 1990. Il sera notamment employé au-dessus du Kosovo en 1999.
Caractéristiques
Les chiffres varient selon les sources, notamment pour la portée et la masse, qui dépendent de la version et de la présence ou non de la fusée d’appoint. Le tableau ci-dessous les présente côte à côte.
Un ancêtre des drones modernes
Vu d’aujourd’hui, le CL-89 paraît rudimentaire : pas de pilote à distance, pas d’image en direct, un film à développer au retour. Mais il réunit déjà les idées essentielles du drone de renseignement : voir sans exposer d’équipage, aller vite au-dessus des lignes ennemies, et revenir pour être réutilisé. C’est ce qui en fait un objet de choix pour le musée de l’Artillerie, qui retrace sept siècles d’évolution des armes et des techniques de l’artillerie.
Il a été utilisé par les nataillons d'artillerie et monté sur un chassie MAN 7t .Il avait une portée de 170kms Il fut remplacé par le CL 289 et actuellement il est prevu de le remplacer par le Drone KSO Kleinfluggerät für Zielortung
The CL-89 drone on MAN chassis. was in service until 1990 Voir Aussi Autres Photoscopes See Also Others Walk Around
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